Détail du bas-relief de Lannédern

Premier panneau

Premier panneau : Saint Edern est en prière près de son oratoire où s’épanche une fontaine. L’artiste a peut-être voulu représenter le paysage de Quistinic. Derrière lui, une femme assiste debout à sa prière, peut-être sa sœur, Génovéfa, dont la gwerz léonnaise ne parle point, mais dont le souvenir est resté populaire dans ce pays de Lannédern. Au fond de la perspective se profile la silhouette du château seigneurial.

Deuxième panneau

Deuxième panneau : pendant que le seigneur de Quistinit, accompagné d’un cavalier fait de vifs reproches à Edern, le saint se confond en excuses pour sa vache venue brouter dans le domaine réservé au maître. Un serviteur s’occupe de chasser l’animal à grands coups de bâton.

Troisième panneau

Troisième panneau : c’est l’épisode du meurtre de la vache. Un homme armé d’une lance, en présence des gens du seigneur de Quistinic, assistent à la mise à mort de la pauvre bête qui est étendue sur le flanc. La meute s'acharne après son cadavre : trois gros chiens commencent à la dévorer. Edern, impuissant, prie à genoux sur un rocher, désolé par cet horrible spectacle.

Quatrième panneau

Quatrième panneau : le comte de Cornouaille, passant par le pays et se trouvant égaré, envoie un page demander son chemin à saint Edern. Celui-ci étant en prière, tarde un peu à répondre. Le page irrité de ce retard, soufflète le saint qui lui répond en tendant l’autre joue. Le comte, que l’on aperçoit à cheval à l’arrière-plan, est aussitôt frappé de cécité avec toute sa suite. Il ne recouvrera la vue qu’en arrivant sur un point de terre du Léon, où il battit une église, qui est aujourd’hui l’église paroissiale de Plouédern.

Cinquième panneau

Cinquième panneau : le cerf est aux abois, un chasseur accompagné de son chien, sonne l’hallali. L’animal s’agenouille devant le saint en prière pour être protégé de la meute. Edern, un chapelet pendu à son bras gauche, est en prière…

Sixième panneau

Sixième panneau : un chasseur, dont le chien est en arrêt devant le cerf agenouillé et monté par Edern, contemple le spectacle avec étonnement.

 

« Le sculpteur n'a pas jugé à propos de compléter la légende. Il n'a représenté ni le châtiment infligé au duc et à ses gens, ni le miracle qui leur rend la vue, ni l'édification de l'église commémorative. N'en soyons point surpris. Ce sont là des épisodes qui se sont déroulés en pays léonais ; dès lors, ils n'intéressent plus la Cornouaille ; l'artiste local les a négligés à dessein, fidèle en cela à l'esprit de particularisme qui est un des caractères profonds de la Bretagne d’antan. Il n'en reste pas moins que le vieil imagier et l'auteur de la gwerz ont travaillé d'après les mêmes documents. Quels étaient ces documents, on ne le saurait préciser. A-t-il existé une ancienne vie de saint Éden ? Il est fort possible, quoiqu’Albert Le Grand n'en fît pas mention. C'est d'elle sans doute que se seront inspirés le poète et le sculpteur anonymes. En revanche, il n'en faut pas chercher trace dans les souvenirs du peuple. Faisons la remarque une fois pour toutes : le peuple breton, quand il s'agit de ses vieux saints nationaux, se soucie assez peu de la tradition ecclésiastique. Il a sa façon à lui de les concevoir, aussi bien que de les invoquer. Il se les représente à sa manière, et le portrait qu'il se fait d'eux n'a que des ressemblances très lointaines avec le type consacré. Il est difficile de n'être point frappé, dès l'abord, du caractère purement mythologique des légendes qu'il leur prête. Par là s'explique peut-être l'espèce d'hostilité méfiante qu'une partie de notre clergé témoigne à l'égard de ces antiques thaumaturges et l'empressement qu'il apporte à laisser tomber leurs oratoires en ruines, leur culte en désuétude, leur mémoire même en oubli… » (Anatole Le Braz)

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