La ville d'Ys

 

 

Ys (ou Is), parfois appelée « Ker Ys » (« Kêr-Is » en breton, de « Kêr Izel »,"Ville basse"), est une ville légendaire de Bretagne, qui est censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez ou au large de celle-ci, puis engloutie par l'Océan.

  • Origines et mythe de la ville d'Ys :


Ys est une sorte d'Atlantide bretonne. L'histoire dit qu'elle fut engloutie par Dieu pour la punir de ses péchés. Le premier récit réellement complet (à partir duquel tous les récits actuels sont écrits) est dû à Charles Guyot et date de 1926.

Il est très marqué par l'image de la femme au XIXe siècle. La légende de la ville d'Ys n'a pas été fixée. Il n'y a pas d'histoire originelle, les versions les plus anciennes datant d'après la christianisation de la Bretagne. Il n'y a que des variations plus ou moins bonnes autour d'un thème, lui-même peu stable. Globalement elle se rattache à deux groupes de mythes celui des villes englouties et celui des déesses du Nord particulièrement irlandaises et galloises, ancien culte de la Déesse-mère.

Ys Tableau


Aujourd'hui, il existe une grande quantité de versions, plus ou moins éloignées du mythe. Selon Christian Guyonvarc'h (mythographe et linguiste, spécialiste de l'histoire celte) : " « Nous n'avons jamais assisté à une telle catastrophe légendaire, à la limite de l'escroquerie: on a littéralement fabriqué, aux dépens de Dahud (et de la vérité) un véritable conte pour touristes à qui on se garde bien d'apprendre qu'il ne date que du premier quart du XXe siècle. »

 

 

 

Ci-dessus,"La fuite du roi Gradlon". Par Évariste-Vital Luminais, vers 1884. (Musée des Beaux-Arts de Quimper)

 

  • Légende initiale Païenne :


Il n'existe aucune trace du mythe originel qui n'a sans doute d'ailleurs jamais existé. Ce n'est qu'en lisant entre les lignes de l'histoire chrétienne qu'on peut, peut-être, reconstruire, a posteriori, un mythe "ancien". Les celtes n'avaient pas de culture écrite. La version suivante est une invention contemporaine :

"À l'origine, Gradlon vivait en Is avec sa fille Ahès, également appelée Dahut ou Dahud. Is était une ville immense et cosmopolite, où Gradlon faisait respecter le principe d'égalité. Les citoyens étaient très riches, tout comme la ville, et des gens et des cultes très diffèrents y étaient présents. Un jour les moines Corentin et Guénolé arrivent en Is. Ils veulent s'y établir et construire une église. Gradlon et Ahès refusent que l'église soit construite en ville mais acceptent qu'elle soit faite à l'extérieur (pour respecter les croyances de chacun, les lieux de culte ne peuvent être construits dans la ville). Les moines très compréhensifs acceptent. Au fur et à mesure du temps, ils deviennent proches du roi et sont heureux de vivre dans cet endroit merveilleux. Ahès, très liée à la Déesse de la terre (le nom Ahès aurait donné leur nom aux monts d'Arrée), lui rend souvent hommage en quittant le ville pour se promener dans les bois. Mais un jour des émissaires de l'Eglise catholique romaine arrivent, menaçant Gradlon d'attaquer la ville s'il n'y fait pas construire une église (l'église catholique s'étant alliée à Rome pour étendre et renforcer leurs pouvoirs mutuels). Tous sont choqués, et malgré-eux Guénolé et Corentin doivent quitter Is pour suivre les émissaires jusqu'à Rome, afin de s'entretenir avec le Pape de la future église. Les deux moines sont très réticents, car ils savent que cela détruira Is et son équilibre. À leur retour, ils sont dépités : ou Gradlon obéit, ou Is sera rasée par Rome. Ahès, révoltée, fuit la ville, se rend dans les monts d'Arrée et demande l'aide du dieu Cernunnos (on peut supposer que c'est lui à cause de sa description, l'église en a plus tard fait le diable en assimilant ses cornes de cerf à celles du diable). Cernunnos dit alors à Ahès de rentrer à Is, et que la nuit venue il sauvera la ville. Pendant la nuit la ville est submergée par les flots et s'enfonce au fond de la mer. Seuls restent Gradlon et les deux moines, qui étaient en-dehors de la ville. Attristé par la perte de sa ville et surtout de sa fille, Gradlon décide de quitter les lieux, et de ne rien reconstruire sur les lieux. Les compères se dirigent alors vers le sud et fondent Quimper, où Gradlon finira sa vie et où les deux moines construisent une église.
Is, quant à elle, est toujours en vie sous les flots, les citoyens étant restés immortels. On raconte qu'un jour, celui qui verra la ville sous les eaux et s'y rendra permettra de lever la protection de Cernunnos, et que la ville resurgira, plus radieuse que jamais, et que ce jour les héros des Bretagnes reviendront tous de l'Autre Monde (le royaume celte des morts)."'

Dans la version de Charles Guyot de 1926. Dahut (Ahès) va demander de l'aide pour construire Ys aux 9 vierges de l'ïle de Sein. Que Dahut (Ahès) s'adresse à des divinités féminines semble plus juste dans un monde celte où l'idée d'une déesse-mère créatrice et protectrice est plus vraisemblable.

 

La légende s'est construite et se construit encore au gré des imaginations. C'est ce qui la rend si vivante. Cette élaboration progressive de l'histoire est très bien étudiée par Louis Ogès. Il montre comment chaque auteur se l'est approprié pour son propre compte au fil des siècles. Il montre aussi combien la "tradition populaire" est presque toujours invoquée pour donner du poids ou justifier des créations littéraires personnelles.

- Origine de la cité d'Ys :

D'après une version de l'histoire, Dahut était passionnée par la mer et demanda à son père de lui bâtir une cité marine. Il fut fait selon son désir : la ville souhaitée fut construite sur le fond de la baie de Douarnenez et on l'appela "Ys". Dahut voulait quon y vive selon les coutumes de l'ancien temps. Elle voulait une ville sans église.

Une autre variante rapporte que la Bretagne, s'enfonçant très lentement dans la mer, la ville d'Ys aurait été fondée plus de 2000 ans avant Gradlon, à un endroit qui se trouve au large de l'actuelle baie de Douarnenez.
À l'époque, ce lieu était émergé jusqu'à ce que, au début du règne de Gradlon, la ville se trouvât sous le niveau de la mer à marée haute, suite à l'enfoncement progressif de la Bretagne.

En conséquence, une très haute digue fut élevée par les korrigans afin d'empêcher l'eau d'engloutir la ville. Seule une porte de bronze, permettait d'entrer ou de sortir de la ville. Dahud en confia la clef à son père, le roi.

 - Chute de la cité d'Ys :

Ys était florissante et heureuse. C'était la plus belle et la plus impressionnante ville du monde. Cependant, en dépit des sermons de Saint Guénolé, Ys devint la ville du péché( les pratiques cultuelles d'avant le catholicisme étant considérées comme "péchés") sous l'influence de Dahut (aussi appelée Ahès) qui y organisait des orgies ( comprendre: des fêtes non chrétiennes). Elle avait soi-disant l'habitude de faire tuer ses amants le matin venu (une broderie littéraire typique du XIXè siècle). Son comportement était tel que Dieu décida de la punir.

Un jour, un chevalier vêtu de rouge arriva à Ys. Dahut lui demanda de se rendre auprès d'elle et, un soir, il accepta. La même nuit, une tempête éclata et on entendait les vagues frapper avec violence la porte de bronze et les murailles de la ville.
Entendant ce vacarme, Dahut dit au chevalier : « Que la tempête rugisse, les portes de la ville sont solides et c'est le Roi Gradlon, mon père, qui en possède l'unique clef, attachée à son cou ». Ce à quoi le chevalier répondit : « Ton père le Roi dort, si tu me veux, tu dois maintenant t'emparer de cette clef. »
Dahut reprit alors la clef à son père et la donna au chevalier, qui n'était autre que Satan. Dès qu'il fut en possession de la clé, le diable ouvrit la porte de la ville, la condamnant à disparaître.
Une autre version de l'histoire prétend que ce fut Dahut elle-même qui accomplit ce geste.

La porte ayant été ouverte en pleine tempête et à marée haute, une vague de la taille d'une montagne s'abattit sur Ys. Pour échapper au désastre, le roi Gradlon et sa fille montèrent sur Morvarc'h, le cheval magique. Mais Saint Guénolé accourut auprès d'eux et dit à Gradlon : « Repousse le démon assis derrière toi ! »
Gradlon refusa et Guénolé précipita Dahud dans la mer (quelques variantes disent que Gradlon obéit et le fit lui-même. Etant donné l'amour de Gradlon pour sa fille, c'est peu vraisemblable). L'eau l'engloutie et elle devint Marie Morgane, une sirène.
Une version précise que cette sirène avait une apparence parfaitement humaine et n'avait donc pas le corps chimérique que l'on attribue aujourd'hui aux sirènes.

Gradlon se réfugia à Quimper, qui fut sa nouvelle capitale. Une statue équestre du roi fut faite et elle est toujours aujourd'hui entre les flèches de la cathédrale Saint Corentin à Quimper. On dit que les cloches des églises d'Ys peuvent encore être entendues en mer par temps calme.

On dit aussi qu'après l'engloutissement, à l'emplacement de ce qui était devenu la nouvelle rive de la baie des Trépassés, naquit un nouveau village que l'on nomma Douarnenez, du breton Douar nevez, « nouvelle terre ». Cependant, l'étymologie la plus vraisemblable pour Douarnenez est Tutouarn-enez, « île de Tutouarn ». Une autre origine souvent avancée est Douar an Enez, « la terre de l'île », en référence à l'Île Tristan[3]. Quant à Douar Nevez, c'est le nom breton de Terre-Neuve.

Une légende raconte que, lorsque Paris sera engloutie, la ville d'Ys resurgira des profondeurs : " Pa vo beuzet Paris, Ec'h adsavo Ker Is " (Par Is signifiant en breton « pareille à Ys »).

 

  • Interprétations

Ys vitrail
On retrouve des récits semblables dans trois grands rameaux de la civilisation celte (les bretons, les gallois et les irlandais). Les légendes se fondant généralement sur une histoire vraie (comme la guerre de Troie, par exemple), il est probable qu'une telle catastrophe ait eu lieu lorsque les Bretons, les Gallois et les Irlandais ne formaient qu'un seul et même peuple.

La Trinité sur Mer en bas de (Locmaria)Ker était capable de contenir les nombreux navires de Gradlon comme les 225 cités par César à propos des Vénètes. Il y a là le village de Kerisper. Ker Is Perzh est l'Autorité d'en bas, sur le goulet il y a maintenant un pont.

L'écrivain Iman Wilkens affirme, dans son livre Où jadis était Troie, que la guerre de Troie et les autres événements des poèmes épiques de l'Iliade et de l'Odyssée d'Homère auraient eu lieu dans l'Océan Atlantique et la mer du Nord. Il affirme que la ville d'Ismara, pillée par les hommes d'Ulysse après avoir quitté Troie, serait, en fait, la ville Ys. Cette thèse n'a pas attiré l'attention des grands savants.

Selon certaines variantes de la légende, la Bretagne s'enfoncerait lentement dans la mer. Ce détail évoque un réchauffement climatique car un tel phénomène a pour conséquence une montée du niveau des mers. Un phénomène qui aurait très bien pu être constaté au début du Moyen Âge, voire dès la fin de l'Antiquité, puisque, d'après certaines sources, le climat aurait été particulièrement chaud au Moyen Âge.

D'après Grégoire de Tours, le roi Childebert Ier portait lui aussi une clef en or autour du cou.

La capitale vénète disparue et que l'on pense s'être appelée Ker (et is étant un port) se trouvait dans le Douar Wened ,Pays de Vannes aujourd'hui, appellation antérieure à Douar Nenez et plus réaliste historiquement. Il y aurait eu une récupération religieuse Romaine.

                                                                           

                                             Ci-dessus: Vitrail de l'église de Kerlaz (29, Finistère) "St Guénolé abbé de Landévennec sauve le roi Gradlon lors de la submersion de la ville d'Ys".

 

  • Place d'Ys dans la tradition :


Depuis son engloutissement par la mer, la ville d'Ys occupe un rôle central dans les légendes bretonnes. On dit qu'Ys renaîtra le jour où une messe y sera célébrée. D'autres légendes mettent en scène la ville engloutie, telle celle où Sainte-Marie du Ménez-Hom ouvre tous les cent ans les flots pour contempler la ville. Également, dans son livre la Légende de la Mort (recueil de récits et croyances sur la mort), Anatole Le Braz consacre un chapitre à la ville d'Ys.
Is et Paris

Une légende disait aussi que les Francs, cherchant un nouveau nom pour leur capitale, l'appelèrent Par-Is (Pareille à Is) pour montrer leur désir d'égaler voire de surpasser la splendeur d'Ys.



On dit aussi que la ville d'Ys etait la plus belle capitale du monde et que Lutece fut baptisee Paris car "Par Ys" en breton signifie "pareille a Ys". Deux proverbes populaires bretons en temoignent:

Abaoue ma beuzet Ker Is
N'eus kavet den par da Baris
Pa vo beuzet Paris
Ec'h adsavo Ker Is

Depuis que fut noyée la ville d'Ys
on n'en a point trouvé d'égale a Paris
Quand Paris sera englouti
Resurgira la ville d'Ys

En réalité Paris doit son nom à la tribu gauloise des Parisii, ces derniers ayant pour capitale Lutetia Parisiorum, qu'on nomme actuellement « Lutèce » et qui est l'ancêtre de Paris.

Une autre interprétation possible est que la ville appelée Paris dans la légende ne désignait pas forcément dès l'origine la ville que nous connaissons aujourd'hui sous ce nom mais n'importe quelle ville pouvant être vue comme l'égale d'Ys. Dans ce cas Paris pourrait aussi désigner Quimper, Nantes, Rome, voire Rennes, Bruxelles, Berlin ou toute autre ville pouvant ou ayant pu être vue comme l'égale d'Ys.

 

Sources : http://fr.wikipedia.org

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