Le Houeran (Hautes-Vosges)

  

                                                                                                                                                                                                                                                Le Houeran, monstre imaginaire dont le nom, emprunté au patois, signifie crieur, hantait le sud des Hautes-Vosges. Il se tenait de préférence sur le Haut-du-Roc, montagne dénudée qui domine le bassin de la Moselotte, ou sur les rochers d'Urbain-Roche, au-dessus de Rochesson. 

Il affectionnait les hauteurs, d'où il pouvait voir, de son oeil perçant, ce qui se passait dans les montagnes et les vallées des environs, et contrôlait ainsi le territoire d'une vingtaine de communes.

Ses cris stridents effrayaient surtout les ouvriers de la forêt, et plus spécialement les voleurs de bois.  Ces derniers opéraient généralement de nuit.  Sitôt arrivés sur les lieux, ils allumaient un grand feu dans une clairière, et se mettaient à abattre les arbres de leur choix.  Il n'était pas rare, alors, que le Houeran, guidé par la lueur du brasier, ne surgît dans la " coupe " en poussant ses cris lugubres.


Ceux qui l'ont vu le décrivaient ainsi : " D'une taille de géant, la barbe longue et hirsute, les yeux flamboyants, les jambes sèches et torses comme celles d'un boue, il portait un large chapeau noir à bords rabattus, et son postérieur était une tête de boue dont les deux cornes lui servaient pour s'asseoir près du feu.  Il prenait dans ses mains des tisons ardents, sans se brûler ". A son approche, les délinquants s'enfuyaient à toutes jambes, car ils craignaient moins les gardes des forêts qu'ils ne redoutaient le Houeran, cet être fantastique, cousin du diable, des sorciers, des chasseurs maudits et autres mauvaises engeances.

Ce monstre, dont il semble que le rôle consistait uniquement à épouvanter les chapardeurs de bois, était sans doute l'ingénieux travestissement de quelque gardien de la forêt ayant compris que la peur d'un être horrible et mystérieux serait plus forte que celle du " gendarme ", pour protéger les bois des nombreuses déprédations qui s'y commettaient.  Les cris effrayants provenaient tantôt des grands-ducs et autres oiseaux nocturnes, tantôt du garde lui-même, expert dans l'art d'imiter la voix de ces volatiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : http://gabriel-gravier.kienlen.com
                www.houeran.com

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