Les deux parties de la Chauds, près de Massiac, ont reçu leur nom de deux dévots personnages qui s'y étaient retirés : Saint Victor avait un ermitage sur l'un, Sainte Madeleine sur l'autre, et actuellement encore chacun d'eux y a une chapelle bâtie en son honneur. De leur dévote retraite, les deux anachorètes pouvaient se voir ; mais la rivière les empêchait de communiquer ensemble. Cependant Madeleine désirait beaucoup consulter Victor sur les choses divines; enfin elle l'obtint du ciel, et y parvint par un miracle, suivant la tradition.

Un jour, la sainte s'avance sur le bord de sa montagne, son chapelet à la main, et après avoir appelé Victor, le lui jette en l'air. A l'instant même, le chapelet s'étend miraculeusement, il se prolonge d'une montagne à l'autre dans toute sa longueur et forme un pont qui les joint toutes deux par leur sommet. Alors l'anachorète et sa sainte voisine s'approchent pour faire leur pieux colloque. Enfin, toutes les fois que Madeleine voulait demander à Victor quelque conseil, elle employait le même moyen. Mais pour éviter toute occasion de scandale et de chute, elle ne se permettait point d'aller jusque chez lui, ni ne l'autorisait à venir chez elle : tous deux s'arrêtaient à mi-chemin sur le pont, et pendant leur entretien, ils restaient ainsi exposés aux regards et par conséquent à l'admiration des gens du voisinage.

Chapelle Sainte Madeleine.jpg

 

Source : " Littérature orale de l'Auvergne"  de Legrand d'Aussy Via Paul Sebillot.

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