Version païenne de la légende de la Seine.

 

Seine était fille de Bacchus et la plus jolie de toutes les nymphes qui accompagnèrent la blonde Cérès, lorsque la déesse des blés parcourut le pays des Gaulois pour y rechercher Proserpine. Celle-ci s’était réfugiée le long des rives de la mer qui devaient être, un jour futur, dénommées la terre normande.

Sitôt qu’elle l’eut retrouvée, Cérès, déesse généreuse, pour récompenser la fidèle nymphe des services qu’elle lui avait rendus, lui fit don, en remerciement, des prairies qui bordent le rivage. Puis, soucieuse d’autre part d’égayer sa solitude, elle lui laissa pour compagne une autre des nymphes qui l’avait suivie et qui portait le nom d’Héva. Ainsi, veillant l’une sur l’autre, elles pourraient mieux se garer des entreprises de Neptune qui, du fond de son liquide empire, espionnait les moindres gestes qui avaient pour acteurs les humains.
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Or, le dieu armé du trident ne tarda pas à découvrir cette insoucieuse étourdie qui jouait au bord de ses vagues. Désireux d’en faire sa captive, il s’élança brusquement hors des flots.
 
Alertée par les cris d’Héva, la nymphe, éperdue de terreur, s’enfuit d’une course rapide, et Neptune la poursuivit à travers plaines et vallons... Peu à peu, gagnant du terrain, il avait saisi le pan de son voile qui flottait derrière son col.

Alors la malheureuse Seine, à bout de souffle et de vigueur, qui déjà se sent vaincue, dans une ardente imploration invoque son père Bacchus et Cérès, sa bonne gardienne, de la sauver du péril... Soudain, prodige inouï, voici que son voile, sa robe et tout son être délicat se diluent en un torrent d’eau, qui s’étale en fleuve couleur d’émeraude et brille et joue à travers les prés qu’elle avait chéris d’un si tendre amour.

Les autres nymphes, ses compagnes, qui l’avaient suivie dans les Gaules et étaient reparties avec Cérès, furent métamorphosées, comme elle, en rivières, et devinrent ses affluents : Héva, seule, fut épargnée. Mais dès qu’elle apprit le destin de Seine, elle mourut de chagrin.

Les tristes choeurs des Néréides lui dressèrent un mausolée, face aux vagues de l’Océan, fait de roches blanches et noires. Ce tombeau prit le nom d’Héva ; il forme le cap de la Hève. Echo y veille nuit et jour et, en mémoire de la nymphe qui avait prévenu son amie des dangers du dieu de la mer, prévient maintenant les marins du péril qui naît des récifs égrenés le long de ces côtes.

 

Sources : http://www.histoire-en-ligne.com
                http://gkb3rk.deviantart.com

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